Un tabou qui coûte cher
La santé mentale reste l’un des grands angles morts du système de santé marocain. Dépression, anxiété, burn-out, troubles bipolairesÔǪ les pathologies psychiques touchent pourtant près d’un Marocain sur cinq, selon les estimations des professionnels. Le poids des préjugés et la faible offre de soins spécialisés freinent l’accès aux traitements.
Seulement 0,5 psychiatre pour 100 000 habitants dans certaines régions, des listes d’attente de plusieurs mois dans les rares hôpitaux psychiatriques publics, un tabou social puissant qui empêche de parler de ses souffrances psychiques : le tableau est préoccupant. Les associations appellent à une déstigmatisation urgente et à un investissement massif dans la psychiatrie de proximité.
Les jeunes sont particulièrement vulnérables : pression scolaire, précarité économique, hyperconnexion aux réseaux sociaux. Les tentatives de suicide chez les 15-24 ans augmentent, et les pédopsychiatres manquent cruellement. Briser le silence, former davantage de psychologues et intégrer la santé mentale dans la médecine de premier recours sont des priorités absolues.
Des initiatives émergent : lignes d’écoute anonymes, groupes de parole, applications de soutien psychologique. Mais ces efforts restent insuffisants face à l’ampleur des besoins.